Le rôle d'un expert en sinistre au Québec

Le rôle d’un expert en sinistres au Québec

Le rôle d’un expert en sinistres au Québec

Incendies, inondations, accidents, vols, les sinistres font malheureusement partie de la réalité. Dans le monde de l’assurance, il faut des spécialistes pour se rendre sur le terrain et superviser l’ensemble des procédures de règlements après dommages. Il existe deux types distincts d’experts en sinistre réunis sous le même métier : celui qui agit pour le compte de l’assuré et celui qui œuvre pour l’assurance. Ils exercent dans le domaine de l’assurance de dommages, un secteur en pleine activité et qui recrute massivement. Quel est le rôle exact d’un expert en sinistres et comment le devenir ?

Rôles et tâches de l’expert en sinistres

L’expert en sinistres doit essentiellement enquêter, estimer et négocier. Incendie, vol ou inondation, il intervient après tout type de dommage signalé à l’assurance. On imagine souvent l’expert en sinistre comme un fin limier ou en Armand Gamache incorruptible, mais la réalité est plus procédurière.

Le métier exige principalement d’examiner des rapports et de procéder à de nombreux calculs. Le travail d’enquête ne consiste pas à soupçonner qui que ce soit ! Il s’agit plutôt d’identifier les causes du sinistre et de valider les protections incluses.

L’expert en sinistre est par ailleurs habilité à déterminer les mesures d’urgence à entreprendre, telles que :

  • assécher les lieux après une inondation
  • autoriser l’achat de biens de remplacement
  • application des frais de subsistance
  • estimer la perte d’exploitation pour les entreprises

Les qualités requises pour devenir expert en sinistre incluent :

  • un bon sens de l’observation
  • de la curiosité
  • une capacité de négociateur
  • un esprit critique
  • une certaine dose d’empathie
  • un goût pour les rapports officiels
  • l’art de vulgariser du jargon spécialisé et de le synthétiser

Les experts en sinistre ne sont généralement pas confrontés à des scènes difficiles comme les pompiers ou les médecins, mais il leur faudra développer une certaine résistance face à des spectacles de destruction parfois impressionnants.

Expert en sinistre au Québec : un métier d’avenir

D’ici la fin de 2019, l’industrie de l’assurance dommages aura 5 300 postes à combler, a anticipé l’an dernier la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages.

Il est à noter que l’expert en sinistre n’est ni courtier, ni souscripteur, ni agent. Nombre d’entre eux travaillent d’ailleurs comme indépendants. Un expert en sinistre peut représenter un assuré comme un assureur. Il peut travailler à son domicile ou parcourir les routes.

Dans la pratique, un expert en sinistre peut tout aussi bien se charger de réunir les rapports des pompiers et de la police après qu’une maison ait pris feu, que de se rendre sur des plateaux de tournage de cinéma.

Un expert en sinistre public, s’il ne peut pas régler le sinistre, négociera en votre nom avec l’expert en sinistre mandaté par l’assureur. Il peut apporter son assistance dans l’inventaire des biens sinistrés.

La Chambre de l’assurance de dommages (CHAD) précise que 72 % des victimes d’un sinistre ont confirmé que ce professionnel certifié a rendu leur processus de réclamation simple et rapide, en les guidant à travers les étapes de la réclamation et en leur fournissant toutes les explications nécessaires pour bien comprendre le dossier.

L’expert en sinistre est, par déontologie, responsable de l’ensemble du processus de la réclamation.

Comment devenir expert en sinistre ?

Le certificat d’expertise en règlement de sinistres est émis par l’Autorité des marchés financiers. Un permis provincial (ou territorial) est obligatoire pour les experts en sinistre indépendants. Les formations minimales acceptées pour la discipline de l’expertise en règlement de sinistres sont les suivantes :

  • diplôme d’études collégiales du Québec (DEC)
  • diplôme d’études collégiales (DEC) Conseil en assurances et en services financiers
  • Attestation d’études collégiales en assurance de dommages reconnue dans une entente intervenue à cette fin entre l’Autorité et un établissement d’enseignement collégial du Québec
  • 2 certificats universitaires de 30 crédits chacun, délivrés par une université canadienne
  • baccalauréat, diplôme d’études supérieures spécialisées, maîtrise ou doctorat délivré par une université canadienne
  • décision rendue par l’Autorité attestant le niveau d’études équivalant au diplôme d’études collégiales
  • évaluation comparative des études effectuées hors du Québec délivrée par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, confirmant un résultat comparable au diplôme d’études collégiales ou à un diplôme d’études supérieures
  • diplôme d’études secondaires ou niveau d’études équivalent et décision rendue par l’Autorité attestant l’occupation d’un emploi à temps plein pendant au moins 3 ans

Un programme de formation, offert par l’Institut d’assurance du Canada ou son équivalent provincial, permet aux experts en sinistres (et aux rédacteurs en sinistres) d’être reconnus comme Professionnel d’assurance agréé (PAA) ou comme Fellow, Professionnel d’assurance agréé (FPAA), après avoir suivi des cours universitaires supplémentaires.

Expert en sinistres : salaires et perspectives

Au niveau des salaires, un expert chevronné peut espérer 75 000 $ annuels et un expert en sinistres débutant entre 30 000 $ et 50 000 $ annuels. Au sommet de sa carrière, l’expert en sinistre peut devenir chef de file ou encore associé d’un groupe ou d’un cabinet d’experts.

Plus l’expert en sinistre suivra de formations, plus il aura de chances de pouvoir ouvrir son propre bureau d’experts. Ces formations portent généralement sur la gestion et les questions financières, mais aussi l’informatique, le service à la clientèle ou le marketing, en dehors des cours spécifiques au domaine de l’assurance.

Malgré un salaire médian attractif de 40 000 $ dans le domaine de l’assurance pour qui ne possède qu’un DEC au départ de sa carrière, tous les postes ne sont pas comblés. Près de 19 200 places sont demeurées vacantes au dernier trimestre de 2017 dans les secteurs de la finance, des assurances et des services immobiliers, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

En conclusion, le métier d’expert en sinistre est de toute évidence riche et varié tout en offrant d’excellentes perspectives d’avenir et salariales, notamment pour les débutants. Même si un jeune diplômé du baccalauréat rêverait peut-être plus de travailler en jeune pousse internet, dans un studio de production de jeux vidéo ou avec le Cirque du Soleil, le domaine des assurances n’est pas si triste et permet de lancer une vraie carrière.

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